Trekking au Mustang

Protégé de la mousson par la barrière Himalayenne, « Ce dernier royaume interdit » aux visiteurs jusqu’en 1992 se découvre, en été, à pied ou à cheval par des sentiers d’altitude (cols à 4100m maximum).
Les randonnées journalières (5 à 8h de marche), s’effectuent, sous le soleil, dans des paysages grandioses modelés par les bouleversements géologiques de l’Himalaya et par l’érosion.

Cet univers minéral, balayé par le vent, étonnant par ses reliefs tourmentés aux teintes multiples, contraste avec les petites oasis de verdure ponctuant la vallée de la rivière Mustang Khola. Dans les villages souvent fortifiés, aux maison en torchis, l’habitat est dense et l’animation y est grande. La culture bouddhiste ancestrale est encore très présente dans cette petite enclave tibétaine du Népal comme en témoignent les drapeaux et moulins de prières, les chortens, les monastères anciens, l’habillement et les fêtes…
Dans ce voyage hors du temps, on apprécie la beauté des sites, l’architecture séculaire des villages en harmonie avec le paysage, mais surtout l’accueil et la gentillesse des habitants, leur souci de préserver leur culture tibétaine et leur environnement. (On peut souhaiter que la construction, très difficile, de la première route améliore les conditions de vie des Lopa sans faire perdre l’authenticité et le silence de ces immensités qui contribuent à la sérénité et incitent à la réflexion.)

Quelques remarques à propos de la géologie du Mustang.
Cet univers minéral, est un véritable paradis pour le géologue qui peut, au travers de ces paysages grandioses.

1°)Reconstituer, en chemin, les principales étapes de la formation de la chaine himalayenne depuis son origine jusqu’à nos jours (voir document formation de l’Himalaya). On trouve encore des Ammonites et des Belemnites, animaux fossilisés témoins d’une ancienne mer (-150 millions d’années du Jurassique au crétacé) séparant l’Inde de l’Eurasie. Cette mer a disparu par suite de la dérive de l’Inde vers le nord.
Plis, failles, nappes de charriage visibles sur les reliefs actuels traduisent la collision des 2 plaques puis le glissement de la plaque Indiennes au dessous de la plaque Eurasienne et enfin la compression qui se poursuit actuellement.

2°)D’observer la diversité des roches mises en place au cours de ces phénomènes géologiques et de l’érosion qui a suivi. Ex : granites, schistes, grés, argiles, calcaires …
3°)D’admirer les effets de l’érosion (par l’eau des rivières, le vent …) comme les défilés étroits et très profonds, les formes fantastiques des cheminées de fées ou les parois abruptes dominant les vallées et dont certaines sont creusées de grottes préhistoriques ou d’habitations troglodytes encore habitées comme à Garphu …

Quelques remarques concernant la flore
Dans ces paysages désertiques, on est particulièrement sensibles aux couleurs des oasis villages.
Ce sont de véritables palettes de peintres par la juxtaposition des champs roses des fleurs de Sarrasin, du jaune des fleurs de Colza, du vert des légumineuses (fève, pois) et des arbres fruitiers (abricotiers pommiers etc) ou des saules et peupliers bordant les canaux d’irrigation.

Quant aux espèces sauvages, hormis les Génévriers (utilisés comme bois de chauffage et pour chasser les mauvaises influences), les buissons d’Eglantier et les lianes de Clématites jaunes, la plupart des plantes sont discrètes par leur petit nombre et leur taille réduite : Asters bleus, Edelweiss, Campanules blanches..